Alors que les banques européennes tirent la langue, plombées par la crise de la dette dans la zone euro et le durcissement de leur réglementation, le secteur bancaire islamique semble promis à des lendemains radieux. Le montant des actifs des banques islamiques, dont le fonctionnement respecte les principes de la charia, devrait quasiment doubler, au cours des cinq prochaines années, à 1.800 milliards de dollars fin 2016, selon les analystes de Deutsche Bank.
Désireuse de profiter des opportunités relatives à l’essor mondial de la finance islamique, liée notamment à l’abondance de liquidités en provenance des pays producteurs d’hydrocarbures, mais confrontée à la vive concurrence de la Malaisie et depuis peu de l’Indonésie, Singapour, pays majoritairement non musulman, a, depuis quelques années, accéléré le processus de développement de cette activité. D’une façon générale, il s’agit pour les autorités, à commencer par la Monetary Authority of Singapore1 (MAS), de compléter la gamme des services financiers déjà proposés par la place financière (en ciblant avant tout les activités de banques d’affaires et d’investissements), l’idée étant in fine de renforcer l’attractivité de la cité-Etat.
Bien que cette décision était attendue, la France a ce vendredi 13 janvier perdu son triple A. La dégradation officielle de la notre française est un véritable coup de massue tant au niveau économique que politique. Au plus haut sommet de l’Union Européenne, des débats récurrents liés à la crise financière actuelle remettent en question le pacte de stabilité et de croissance. Un accord ayant pour objectif la coordination des politiques budgétaires nationales de la zone euro afin d’obtenir à long terme des « budgets proches de l’équilibre ou excédentaires ». Notons que la France n’est pas le seul État a avoir perdu un cran dans sa note puisque neuf États européens sont concernés par cette dégradation.
Les émissions ont fortement augmenté cette année même si les conditions de marché se sont détériorées en novembre et décembre.
La crise de la dette souveraine en Europe pourrait bien favoriser la finance islamique. Selon Bloomberg, les émissions d’obligations compatibles avec la charia (sukuks) dans le golfe Persique ont atteint un record depuis quatre ans, à 7,3 milliards de dollars, soit un bond de 62% sur un an.

Raffinerie
Le groupe Français Total devrait émettre 1 milliard de Dollars d’obligations Islamiques (Sukuk) pour finaliser le financement sa raffinerie Saoudienne Jubail codétenue par le groupe Saoudien Saudi Aramaco.
Les Sukuk seront émis par la joint-venture SATORP détenue à hauteur de 62,5% par Saudi Aramco et de 37,5% par Total. Ces titres seront ouverts uniquement aux investisseurs saoudiens. SATORP a obtenu l'approbation réglementaire pour cette émission en août.
Ernst & Young prévoit que la taille du marché des assurances islamiques atteindra 25 milliards de dollars d’ici l’an 2015 avec 49% des primes collectées dans les pays du Golfe.
Avec un chiffre d’affaire de 12 milliards de dollars en 2011, le marché Takaful, qui pèse 1% du marché mondial de l’assurance avec 20% de la population mondiale comme client potentiel, connaît une croissance annuelle de plus de 20% par an.

Les pays arabes du Golfe seraient sur le point de se mettre d’accord pour la création d’un Shariah board commun à toutes les institutions financières de la région en 2013. Ce comité de conformité central permettrait d’harmoniser les fatwas relatives aux produits et procédures financières islamiques.
« Les pays arabes du Golfe ont besoin d'une instance suprême de la Shariah pour mener l'industrie dans une direction claire. Grâce à un tel comité, nous perdrons moins de temps à réfuter les décisions des autres Shariah Board, et nous nous concentrerons mieux sur la création de nouveaux produits» a déclaré Hussain Hamed Hassan, qui préside le Shariah Board de Dubai Islamic Bank.