L'influence financière grandissante du monde musulman est à nouveau sur le devant de la scène - en témoignent les discussions dans lesquelles le gouvernement britannique est engagé avec un fonds souverain d'Abou Dhabi pour lui vendre quelques-unes des 82% de parts qu'il détient dans la Banque royale d'Ecosse.
Le poids croissant de la finance islamique pose également un défi systémique quant à la manière dont se pratique très majoritairement la finance à travers le monde.
Désireuse de profiter des opportunités relatives à l’essor mondial de la finance islamique, liée notamment à l’abondance de liquidités en provenance des pays producteurs d’hydrocarbures, mais confrontée à la vive concurrence de la Malaisie et depuis peu de l’Indonésie, Singapour, pays majoritairement non musulman, a, depuis quelques années, accéléré le processus de développement de cette activité. D’une façon générale, il s’agit pour les autorités, à commencer par la Monetary Authority of Singapore1 (MAS), de compléter la gamme des services financiers déjà proposés par la place financière (en ciblant avant tout les activités de banques d’affaires et d’investissements), l’idée étant in fine de renforcer l’attractivité de la cité-Etat.
La finance islamique va probablement continuer sa croissance fulgurante et atteindre un nouveau record avec plus un billion de dollars d'actifs gérés cette année. Mais les institutions financières islamiques doivent rester vigilantes et ne pas s'écarter des préceptes fondamentaux de la Charia, pour éviter les excès qui ont conduit à la crise économique mondiale, ont affirmé les experts lors de la première World Islamic Bank Conference qui a eu lieu à Singapore.