Une assurance étique Dans le détail, le schéma de «Takaful» consiste en un système dans lequel un groupe de personnes (participants) contribue mutuellement à un fonds commun (fonds de «Takaful») dans l’objectif de s’octroyer une assistance mutuelle sous forme d’indemnité si un sinistre devait affecter un membre. Le terme «Takaful» est dérivé de la racine «Kafala» qui signifie entre autres «garantie». Certes, l’assurance conventionnelle partage le même objectif de protection des assurés. Seulement, elle contient des éléments importants prohibés en Islam dans son mode opératoire. Il s’agit du «Gharar» (incertitude), du «Riba» (intérêt) et du «Maysir» (jeu de hasard). Trois principes négatifs interdits par la Charia.«Le “Gharar” peut avoir plusieurs connotations : incertitude, tromperie, risque, hasard ou encore ignorance. Ainsi, dans le cadre de l’assurance conventionnelle, l’opérateur réalise des profits nés de l’incertitude inhérente au contrat», explique Mohamed Boulif. Le «Maysir», qui est la prise de risque induite par le contrat lui-même (risque contractuel), entache lui aussi le mode opératoire des assurances conventionnelles. En général, il va de pair avec le «Gharar». Quant au «Riba», il est présent, en général, dans les opérations d’investissement des primes versées par les preneurs d’assurance (bons du Trésor ou obligations). Quoique pour être compatible avec la Charia, le portefeuille d’investissement ainsi que toutes les opérations de placement ne peuvent contenir des éléments d’intérêt. Une disposition difficile à mettre en œuvre, surtout que le gros des placements s’opère via des Bons du Trésor à «intérêt».
Un passage obligatoire Cela dit, les experts voient d’un bon œil le développement de «Takaful» dans le Royaume. «Le marché national de l’assurance, qui est le deuxième d’Afrique en terme de dynamisme et le plus développé dans le Maghreb, devrait voir émerger l’un des plus grands marchés de «Takaful» dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord», assure Mohamed Ali Mrad, fondateur et PDG de MENA Finance, première société de conseil d’affaires islamiques en Afrique du Nord. Car in fine, il s’agirait pour le Maroc d’un passage obligatoire afin de drainer d’avantage l’épargne locale et d’obtenir davantage d’investissements provenant des pays arabes et notamment ceux du Golfe, qui détiennent des réserves d’argent faramineuses.Le centre financier international (CFC), dont l’activité débutera en 2014, favoriserait, de son coté, la création de banques islamiques et encouragerait les investissements étrangers. Le Maroc pourrait donc devenir le âys incontournable de la finance islamique régionale. Mais, il devra impérativement mettre en place une réglementation dédiée à ce secteur pour en drainer une bonne partie. Rappelons que, pour l’instant, le seul hub de finance islamique existant est représenté par l’Indonésie et la Malaisie.
source: Le Soir Echos

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